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mardi 24 juillet 2018

Les développements portuaires chinois et européens

Les prises de position portuaires de Chine et d'Europe relèvent de l’économie : le contrôle des terminaux par un géant du conteneur, l’internationalisation d’un holding maritime. Une autre emprise portuaire chinoise est aussi économique, mais relève plus de la stratégie chinoise connue sous le nom de “Nouvelle route de la Soie“, “One Belt One Road initiative“. C’est-à-dire une stratégie de fourniture d’infrastructures favorisant l’internationalisation des sociétés chinoises (BTP, industries) cohérente avec les ambitions chinoises de mutation industrielle nationale (“Made in China 2025“). Il s’agit donc d’offrir des partenariats économiques avec des pays naturellement orientés dans le sens des échanges du bloc continental Euro-Asiatique, mais aussi avec les rivages de l’océan Indien. La nouvelle route de la soie est donc un “soft power“ économique avec une forte charge géopolitique. La modernisation portuaire et ferroviaire de bien des pays passe donc par la participation du conglomérat chinois de travaux publics China Communications Construction Company (CCCC). Ses deux filiales sont ainsi actives en Afrique dans l’ensemble des infrastructures (ports, routes, voies ferrées). China Road and Bridge Corporation (CRBC) est à la manœuvre pour le nouveau port de Lamu au Kenya. China Harbour Engineering Company (CHEC) est active pour le nouveau terminal en cours à Abidjan et dans divers projets (Conakry, Banjul, Kribi, Sao Tome, Dar el Salaam). Non encore débuté, le projet tanzanien d’un grand port à Bagamoyo associe lui China Merchant et le fonds souverain d’Oman. D’autres projets sont forcément plus géopolitiques avec les proximités politiques chinoises : le port ouest Pakistanais de Gwadar (2013), le futur port Sri lankais de Hambatota (avec CHEC et CM Ports en 2017), des nouveaux ports évoqués à Malacca et au Bangladesh.

vendredi 9 mars 2018

Renforcement de l’enseignement des langues dans les CFA s’engageant dans des parcours de formation européens

Le Président de la République annonçait lors de son discours à la Sorbonne le 26 septembre 2017 sa volonté que « les étudiants parlent au moins deux langues européennes d’ici 2024 ». L’ambition de hisser l’apprentissage au rang de formation d’excellence conduit naturellement à étendre cet objectif aux apprentis, dont rappelons qu’ils ont aussi des étudiants … des métiers. A l’instar des parcours de formation à l’international, marque de fabrique des grandes écoles et universités françaises, l’apprentissage des langues dans les CFA doit devenir un axe majeur de la stratégie pédagogique et non un enseignement accessoire comme c’est encore trop souvent le cas dans les formations professionnelles. Gageons que les CFA qui proposeront la maîtrise d’une langue étrangère comme exigence incontournable de leurs parcours de formation se démarqueront pour attirer des jeunes en recherche de formations de haut niveau qui auraient pu être tentés par l’enseignement général. Cette exigence de qualité dans l’enseignement des langues, prioritaire pour les apprentis qui réaliseront un semestre ou plus de leur formation dans un autre pays d’Europe, pourra être financée grâce à l’abondement par les OPCA du financement des formations par apprentissage incluant une mobilité longue en Europe. En effet, les moyens mobilisés par le programme ERASMUS pour la formation linguistique des jeunes de la formation professionnelle partant en mobilité, s’ils ont le mérite d’exister, ne sont pas à la hauteur ni des besoins ni des enjeux : une préparation linguistique est proposée par le programme ERASMUS avec Online Linguistic Support (système d’évaluation et de formation en langue vivante en ligne) pour les langues les plus courantes et financées à hauteur de 150 € pour toutes les autres langues. Aucune grande école ne mise aujourd’hui sur l’unique e-learning pour donner à ses étudiants la maîtrise d’une langue étrangère : ayons les mêmes ambitions pour les apprentis en y mettant les moyens ! Par ailleurs, la performance linguistique des CFA devrait être encouragée et accompagnée par l’introduction de cours dispensés en anglais au bénéfice de l’ensemble des apprentis. Dans le cadre du projet expérimental Euro App, des apprentis étrangers ont décliné la proposition de venir en France pour y poursuivre leur formation lorsqu’ils ont réalisé que l’ensemble des cours serait dispensé en français. A l’inverse, l’intégration des apprentis français dans les centres de formation professionnelle des autres pays d’Europe (Finlande, Danemark, Suède, Pays Bas, Hongrie…) a été facilitée par la possibilité d’y suivre des enseignements en anglais.